mercredi, 15 avril 2009

Une société de surveillance ?

Dans le cadre de la sortie de l’Etat des droits de l’Homme en France – édition 2009

Une société de surveillance ?



Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des droits de l'Hommeet Alex Türk, Président de la CNIL, Commission nationale de l'informatique et des libertés sont invités sur France Inter

Jeudi 16 avril de 19h20 à 20h


pour l’émission « Le téléphone sonne »

animée par Alain Bedouet



16/04/2009 : Démocratie sous surveillance : la vie privée peut-elle résister aux caméras vidéo, puces électroniques, fichiers informatiques et autres traceurs Internet ?

La Ligue des droits de l'Homme publie un "état des droits de l'Homme en France" pour 2009, tandis que les polémiques se multiplient sur l'installation des caméras de vidéo-surveillance dans les villes et que les progrès des techniques et surtout leur addition et leur interconnexion multiplient les craintes sur les atteintes aux libertés individuelles…

Invités : - Alex Türk, Président de la CNIL, Commission nationale de l'informatique et des libertés – Jean-Pierre Dubois, Président de la Ligue des droits de l'Homme, à l'occasion de la publication par la Ligue de "L'état des droits de l'Homme en France en 2009 : Une société de surveillance ?" aux Editions La Découverte - Françoise de Blomac, Géographe et spécialiste des nouvelles technologies d'information et de communication, co-auteure de "Sous surveillance ! Démêler le mythe de la réalité" aux Editions Les Carnets de l'Info



http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/letelephonesonne/avenir.php

jeudi, 17 juillet 2008

Aulnay-sous-Bois : refléchir à la vidéo-surveillance.

Un texte de libération, de ce matin sur la vidéo-surveillance. Un appel à la réflexion sur un outil qui représente un haut niveau d'investissement pour des résultats pas toujours visibles. Le débat s'intensifie et cette étude a le mérite de poser les questions que je me pose depuis très lontemps... A noter que cette étude parle de vidéo-protection cache sexe pour ne plus parler de surveillance et de l'atteinte au liberté. A lire donc...avec un esprit aiguisé!


QUOTIDIEN : jeudi 17 juillet 2008 de GAËL COGNÉ

Avant-hier, l’Institut national des hautes études de la sécurité (Inhes) publiait un rapport sur la «vidéoprotection». Un travail commandé à l’Institut en décembre par Alain Bauer, président de la Commission nationale de la vidéosurveillance, et Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur (dont l’Inhes dépend). Celle-ci a promis, il y a un an, de multiplier «par trois» le nombre de caméras.

«C’est la première fois que l’on a un plan national», sur la vidéosurveillance de cette ampleur, souligne Sebastian Roché, directeur de recherches au CNRS, pour qui tout cela relève avant tout de «la gesticulation». Pour Alain Bauer, ce rapport se justifiait car dans la majorité des études jusqu’alors menées sur la vidéosurveillance, toutes à l’étranger , «il y avait beaucoup de choses contradictoires».

«Téléspectateurs». Au fil des pages, l’Inhes relève que les systèmes sont souvent «obsolètes», «mal entretenus ou mal positionnés» voire «inutiles». Les images seraient «écrasées» automatiquement au bout de quelques jours, ne permettant aucune analyse. Certaines caméras ne seraient même pas branchées. Trop coûteuses, elles ne sont plus entretenues. De plus, le personnel serait mal formé, voire pas du tout, et le rapport de pointer «le risque d’avoir devant les écrans de simples téléspectateurs».

De l’improvisation ? «Le mot est trop fort», relativise Pierre Monzani, le directeur de l’Inhes. Pourtant, son rapport souligne que «les collectivités ont souvent regretté […] d’avoir dû naviguer à vue», et ce constat serait le même du côté des entreprises de transport public. Michel Marcus, le délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine, estime que ce phénomène est analysé un peu «au doigt mouillé» : «Le problème, c’est qu’il y a plusieurs générations de caméras. Au bout de cinq ans, le matériel est obsolète

Selon Sebastian Roché, cette étude n’apporte «rien de nouveau», mais, surtout, «aucun élément de preuve» de ce qu’elle avance : «Les bras m’en tombent un peu.» Aux yeux de ce chercheur, le rapport serait de «la propagande» et manquerait «d’indépendance». Il note «un déficit d’information», «un manque total de rigueur» et l’«absence de neutralité dans la rédaction». Un document qu’il faudrait donc lire à l’aune du plan national de modernisation de la vidéosurveillance souhaité par le gouvernement.

Pour Sebastian Roché, aucune étude sérieuse n’a donc encore été financée en France, malgré les nombreux rapports négatifs aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. A Londres, les caméras de surveillance ont fleuri sans pour autant faire la preuve de leur efficacité : 80 % des images seraient inutilisables et seuls 3 % des vols auraient été résolus grâce à elles selon un rapport officiel du Viido (Visual Images, Identifications and Detections Office), un service de New Scotland Yard, en mai. «C’est un véritable fiasco», avait grincé un responsable.

«Délinquance». Pourtant, la vidéosurveillance coûte très cher, surtout aux petites collectivités locales : de l’ordre de «7 000 à 8 000 euros pour chaque caméra, en comptant l’installation, l’entretien et le personnel», estime Michel Marcus. «Environ 15 000 euros», renchérit Sebastian Roché. Mais les élus restent friands de ces caméras réclamées par leurs électeurs. Les rapporteurs admettent que «la part attribuée à la vidéo dans la diminution de la délinquance est particulièrement difficile à mesurer précisément». Les données manquent. Elle peut baisser sous l’œil de la caméra mais se déplacer à quelques mètres. Hors champ.