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lundi, 08 septembre 2008

RER A : a quoi joue la Droite?

1 ministre francilien = 1 candidat à la tête de la région ile-de-France!

Lors du vote du contrat de projet, l'Etat avec à sa tête la droite avait la capacité de mettre le paquet sur les transports. Il a fait le service minimum en matière budgétaire pour mieux dénoncer l'inaction de la Région Ile-de-France par la suite. La seule vision UMP en matière d'aménagement est ce que l'on pourrait résumé par Objectif 2010, c'est à dire la date des prochaines élections régionales. Il suffit de voir le spectacle que nous offre le gouvernement en matière de rivalité pour cette présidence pour se dire que la vision générale n'est pas à la réflexion à 30 ans, en tenant compte des enjeux écologiques mais bien qui pour succeder à la Gauche. Alors, chaque matin nous amene son lot de candidats, d'annonce politicienne pour mettre à mal la gauche, pour bloquer tels ou tels projets de notre majorité. A suivre, notamment sur le SDRIF, que nous votons à la fin de ce mois! Notre majorité continue à travailler!

Ainsi, le dossier du RER A illustre pleinement cette tactique de l'UMP : en 2007, rien sur le RER A dans le contrat de projet, 2008 face aux difficultés connues des élus franciliens, interventions du président pour dire son incompréhension... Petite tactique...gros problèmes d'investissements, dénoncés par les Verts qui s'opposaient vivement au vote d'un contrat de projet au rabais!


De nouvelles rames déjà dépassées !
A peine adopté, le plan de rénovation du RER A, qui prévoit l'achat de 30 trains à deux niveaux, est contesté. Et si ces modèles faisaient perdre du temps au lieu d'en gagner ?

Sur le papier, l'idée est plutôt bonne : résoudre le problème du RER A, surpeuplé aux heures de pointe, en remplaçant des rames simples par des modèles à deux niveaux. Les associations d'usagers s'en réjouissent, elles qui demandaient cette mesure depuis longtemps. Annoncé au début de l'été, l'achat de trente nouveaux trains à deux étages, pour la bagatelle de 600 millions d'euros, permettra en effet d'augmenter de 30%la capacité d'accueil de cette ligne à plusieurs branches qui traverse l'Ile-de-France (Marne-la-Vallée et Boissy-Saint-Léger à l'est, Saint-Germain-en-Laye, Poissy et Cergy à l'ouest). Et pourtant, ce nouveau plan de la RATP, qui le cofinancera avec le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), ne fait pas que des heureux.
A commencer par certains élus franciliens qui siègent au conseil d'administration du Stif. Ils ont pourtant soutenu ce plan le 9 juillet en apportant la moitié des fonds nécessaires. Mais dans les coulisses, les critiques ne sont pas rares. «C'est bien de répondre à l'urgence, mais encore faut-il être judicieux, peste Alain Amédro, président (Verts) de la commission des investissements au Stif. Ce plan ne servira seulement qu'à revenir à la situation qu'on connaissait il y a 10 ans.» Principale cible de ces attaques : Nicolas Sarkozy, le véritable initiateur de cet achat groupé. En effet, à la surprise générale, le président de la République l'avait réclamé lui-même, en mai dernier, au micro de RTL. «La ligne A est la plus fréquentée du monde, avait-il asséné. Chacun sait qu'il faut mettre des rames à deux étages.» «L'annonce était fracassante, mais le président de la République a simplifié la question», regrette aujourd'hui Serge Méry, vice-président (PS) chargé des transports au conseil régional. Qui reconnaît quand même que l'intervention présidentielle a eu le mérite d'accélérer le mouvement.


Les guéguerres politiciennes n'expliquent pas à elles seules ce manque d'enthousiasme. En cause, l'efficacité des rames à deux étages. Elles pourraient bien occasionner plus de retards en cas de forte affluence que prévu. Les conducteurs de RER A ont bien compris l'enjeu, qui par la voix de leur secrétaire CGT, Eric Nabet, s'interrogent : «Aux heures de pointe, quand les rames et les quais sont bondés, combien de temps mettront les usagers pour monter ou descendre ?» Par ailleurs, la capacité de 2500 places des doubles rames n'est jamais utilisée à plein à cause de la mauvaise répartition des voyageurs dans le train. Prenons un exemple : un usager lambda à Châtelet, à une heure de pointe, voit arriver un train à deux niveaux bondé. Quelle voiture choisir ? Les fenêtres des étages ne permettent pas de distinguer où il y a de la place. Si par miracle il parvient à se hisser dans une rame, le pauvre usager n'est pas plus avancé : des escaliers bouchent la vue sur les compartiments. Il n'a pas d'autre choix que de rester dans le sas d'entrée, empêchant lui-même le passage à ses semblables. D'où un blocage des flux de personnes, une mauvaise utilisation de l'espace. Et des retards à répétition.
Au Stif, ces problèmes sont connus depuis longtemps. Et des solutions ont déjà été envisagées, depuis l'élaboration, avec la SNCF, d'un cahier des charges pour concevoir un nouveau train de banlieue, baptisé le Francilien. Particularité de cet engin, qui sera livré fin 2009 : il n'aura qu'un seul niveau, pour une capacité de 1800 personnes. Donc moins qu'un train à deux étages, alors qu'il sera confronté à de fortes fréquentations puisqu'il reliera dans un premier temps des gares de Paris avec la banlieue nord. Oui mais voilà : «On s'est rendu compte que la plupart des métropoles mondiales remplacent leur matériel à deux niveaux par des rames à un seul niveau», explique Serge Méry. De nouveaux types de trains conjuguent une capacité relativement importante avec une optimisation des flux de personnes. Le Francilien sera de ceux-là : sa largeur inédite (plus de 3 mètres) et surtout sa structure «en boa» (il n'y a pas de cloison entre les différents compartiments, comme sur les lignes 1 et 14 du métro) permettent une bonne répartition des voyageurs. Et ses grandes fenêtres permettent aux gens situés sur les quais de repérer les espaces disponibles. Et surtout, ce modèle dernier cri coûte moins cher : 13 millions d'euros au lieu des 20 millions pour un train à deux étages qui s'avère être du «matériel ancien», selon Serge Méry.


Face à ces arguments, la RATP ne se démonte pas. Elle a fait circuler parmi les membres du Stif une brève note de 5 pages assurant que les rames à deux étages étaient la meilleure solution pour une échéance très courte : fin 2010. Selon ses propres études, dont elle n'a donné le détail à personne, même pas au Stif, le retard engendré par une mauvaise circulation des personnes est négligeable : 3 secondes par station. Un inconvénient largement compensé par la capacité d'accueil supplémentaire du matériel. Par ailleurs, la Régie rappelle que ces achats entrent dans une politique d'uniformisations du matériel. Actuellement, trois types de rame circulent sur la ligne, avec des emplacements de porte différents (1). En généralisant le matériel à deux étages, il sera ainsi plus facile pour les voyageurs de savoir où se positionner pour entrer à coup sûr.
Visiblement, l'argumentaire de la régie parisienne a fait mouche. «Je ne suis pas péremptoire sur le matériel à deux étages, reconnaît Serge Méry. Seule l'expérience nous dira qui a raison.» D'où son soutien à ce plan qui se veut surtout une solution à court terme. Une manière aussi de montrer à Nicolas Sarkozy, qui avait dénoncé «un problème de gouvernance en Ile-de-France», que le Stif, présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, patron de la Région Ile-de-France, ne bloque pas les initiatives, tout en profitant de l'aubaine des 300 millions d'euros avancés par la RATP. Et le syndicat veut même faire monter les enchères : tant qu'à remplacer le matériel vieilli, autant le faire une bonne fois pour toutes, avec l'achat de 35 nouveaux trains supplémentaires pour un coût de 700 millions d'euros. Il invite ainsi la RATP à participer à 50%. Mais cette dernière n'a pas encore donné sa réponse. Le bras de fer n'est pas terminé.

(1) Pour l'instant, sur le RER A circulent 156 rames à un seul niveau et 43 rames à deux étages.

Tangi Loisel
Paris Obs

samedi, 06 septembre 2008

Aulnay-sous-Bois : C'est la rentrée!

Petite chronique d'un adjoint.


dbf07d8b4a84bb827adeb4f6a45a5e7e.jpgLundi : Les élus verts se retrouvent pour partager leur travail, échanger sur les dossiers en cours, s'encourager, entendre les conseils des uns et des autres, répondre aux questionnement, expliquer, comprendre.
Bref, c'est la rentrée et la remobilisation. Nous faisons le tour des délégations et des responsabilités des différents élus. Échanges studieux et conviviaux. Passionnant aussi. C'est aussi cela la politique!
François Siebecke nous parle de son action pour accompagner les Roms présents sur notre ville. Suivi social et médical. Il rappelle l'historique de ce peuple fait d'exclusion et de ségrégation, de persécution et d'exil. L'approche profondément humaniste et le sérieux de l'action de François ont été importants dans l'accompagnement de ces femmes et de ces hommes.



Mardi:

C'est la rentrée et je fais la mienne à l'école maternelle Louis Solbès, c'est les petits qui découvrent l'école, leur école, leur maîtresse. C'est bien pour eux que nous agissons en matière d'éducation mais aussi d'écologie...C'est les fameuses générations futures, qui ce matin, sont en pleurs, radieuses ou impressionnées. Moi aussi, je suis un peu ému...
Je suis là pour me rendre compte des conditions de la rentrée : questions des locaux exigus, des problèmes de chaleur, de froid ou encore d'infiltration. De la cantine et de ses trois services...Très bon accueil de la directrice, que je ne voulais surtout pas déranger mais qui prends le temps de nous présenter l'école, de nous dire ce qui a déjà été fait. Je suis heureux de pouvoir lui annoncer que nous allons acheter le pavillon à coté de l'école (décision définitive après le vote au prochain conseil municipal) et que celui-ci pourra répondre à quelques uns des problèmes de cette école.

aa965f3f77b373a9e75a24f00239a0eb.jpgRetour en mairie pour une réunion de travail sur les dossiers d'urbanisme: plus rude mais toujours au cœur de la vie des habitants de notre ville, leurs projets, leurs envies mais aussi parfois leurs imprudences... Double face que l'urbanisme que de conseiller, encadrer et aussi sanctionner. Un conseil : pas de travaux sans être passé par le service de la réglementation de la construction.

Direction les espaces Verts, je mesure en route à quel point les bosquets sont radieux : j'aime beaucoup le carrefour de la ferme, ce n'est qu'un exemple, parmi tant d'autres tant le fleurissement en ce début septembre compense la grisaille d'un temps d'automne. C'est du beau travail qui rends cette rentrée plus lumineuse.


Bureau municipal : présentation des conditions de la rentrée sur notre ville et de la mise en place des mesures Darcos.



Mercredi :
D'Aulnay-sous-Bois à la Région.

Retour à la Région pour prendre connaissance des dossiers de la rentrée: SDRIF en tête, transports et coopération internationale.

Repas avec un ami, observateur avisé de notre commune.

Sortie du premier numéro d'Oxygène. Un sacré pari à réussir en 4 mois. Un premier numéro de bonne augure, améliorable sur le fond comme sur la forme, sans oublier la question cruciale de la distribution. Un conseil : signaler au 01.48.66.64.90. que vous ne l'avez pas reçu. Cela permettra d'améliorer le service.

L'après-midi, RDV au STIF pour l'amélioration, la rationalisation et le financement de nouveaux projets de lignes de bus. Gros travail de Bruno Defait, en charge des déplacements sur la ville : plus de cohérence, plus d'intermodalités, plus de fréquences...et des subventions du STIF. Très encourageant. à suivre.


Jeudi: réunion sur le dossier de l'amiante avec les associations. Nous mesurons l'inertie des autorités face à cette usine poison. Des RDV importants sont devant nous. Nous nous démenons pour faire avancer ce dossier, ni simple, ni facile mais si important pour notre ville, son environnement et la santé de ses habitants. Les associations seront présentes au Forum avec une exposition et nous nous retrouverons à la biennale de l'environnement le dimanche à 15H30 pour un grand débat sur l'avancement de ce dossier, les avancées et les obstacles à son dénouement.

Réunion très importante sur le plan de sauvegarde de la copropriété Savigny.
Rencontre avec Philippe Gente adjoint à la démocratie participative : propositions, échanges...Ça prends forme!


Vendredi: de l'urbanisme, du règlement de publicité, de l'éducation et de la culture. Une journée variée!

0ad41c35a3add94f64e207749f49c95a.jpgJe vous conseille d'aller au Pavillon Gainville pour voir la belle exposition de photos sur le parc du Sausset : de la lumière dans la grisaille. Des photos prises par des enfants accompagnés par des photographes professionnelles. Une belle expo.

jeudi, 04 septembre 2008

Avis de naissance : Éthique Citoyenne!

Un petit mot de Pierre Muller sur notre combat commun contre les machines à voter ou plus exactement les ordinateurs de vote. Nous avons agit à Aulnay mais l'action continue en France.be8f6db080e60d8c2796eade05dfb969.jpg
A vous de jouer!
Alain

Bonjour à tous,

Tout d'abord, je suis très heureux de vous annoncer la création de l'association Éthique Citoyenne. Une prochaine lettre en parlera en détail.

Voici un bilan d'étape de notre action. Une autre lettre reviendra sur les élections de ce printemps.

Pour faire court, nous avons gagné la première bataille, mais la deuxième s'annonce déjà.

Le cap des cent mille signatures de la pétition nationale “pour le maintien du vote papier” a été franchi. Bravo ! Continuez ! Cette pétition nous donne du poids.

Grâce aux actions d'Ordinateurs de Vote.org et à celles des associations locales, des mairies ont renoncé à acheter des ordinateurs de vote (Grenoble, Sceaux, Cannes, St Denis... ), et d'autres villes qui avaient décidé de les utiliser renoncent totalement ou partiellement ( Amiens, Boulogne Billancourt, Mulhouse, Vence, ... ). Face à nos arguments juridiques que le Conseil Constitutionnel a bien voulu suivre, Reims, Hazebrouck et Wintzenheim ont remis leurs ordinateurs au placard ce printemps.

Le vote électronique est devenu un sujet pour les médias, nombreux à comprendre les problèmes que nous soulevions, et pour la classe politique, qui s'est exprimée globalement contre.

Nous avons réussi à contraindre, par voie de justice, le Ministère de l'Intérieur à dévoiler plusieurs pages du rapport de Bureau Veritas. Leur lecture est stupéfiante : on y apprend que certaines machines ne répondent pas à tous les critères ... du Ministère de l'Intérieur.

L'organisation internationale OSCE a demandé à nous rencontrer. Nous lui avons transmis notre analyse et nos preuves des dysfonctionnements des institutions françaises concernant le vote électronique qu'elle a repris dans son rapport d'observation de l'élection présidentielle.

Le Conseil Constitutionnel, reprenant nos informations, a finalement reconnu que "l'intrusion des machines à voter (...) rend opaque ce qui était visible" et "prive le corps électoral de la surveillance collective des opérations dans lesquelles s'incarne le suffrage universel."

En décembre 2007, l'ASTI, qui fédère 30 associations scientifiques et professionnelles spécialisées en informatique (plus de 5000 membres), a condamné l’immaturité du vote électronique.

Nous sommes donc passés d'une phase d'information, indispensable avant 2007, à une approche de terrain et juridique qui commence à montrer son efficacité.

Évidemment, il faut continuer : environ 70 villes utilisent encore les ordinateurs. Et le vote électronique est en train d'envahir la sphère civile : prud'hommes à Paris, conseil de l'ordre des infirmiers, comités d'entreprises. Des projets de super machines à voter européennes se profilent. Nous devons rester vigilants.

L'action de chacun est essentielle pour défendre notre droit à des élections transparentes. Sans vous, nous ne pouvons rien. Ensemble, nous devenons forts.

Pierre Muller,

président d'Ordinateurs-de-Vote.org
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Comment adhérer : voir la note d'Hervé SUAUDEAU ici

mardi, 02 septembre 2008

Victime du lobby nucléaire

Je vous propose un bon papier du président du groupe Les Verts au conseil régional, Jean-Vinxcent PLACE, qui permet de mieux comprendre les freins en France au développement des énergies renouvelables et notamment éolien. pour ma part, je milite depuis de longues années pour une diversité dans l'approvisionnement en énergie, moins emetrice de gaz à effet de serre. J'ai travaillé avec Michel Vampouille, vice-président du conseil régional pour aider les particulier à s'équiper notamment en solaire. Et nous étudions un coup de pouce supplémentaire de la part de la ville d'Aulnay-sous-Bois. A suivre, dès que cette idée a abouti!
Bonne lecture
Alain
Je vais tenté d'alimenter à nouveau ce blog...que j'ai quelque peu délaissé devant l'importance des activités.
A bientôt...





7f38210dc608f19a058f1e3795e670ea.jpegPoint de vue
L'éolien victime du lobby nucléaire, par Jean-Vincent Placé et Christophe Rossignol
LE MONDE | 01.09.08 | 14h15 • Mis à jour le 01.09.08 | 14h15


lus d'un an après le lancement du Grenelle de l'environnement, les menaces augmentent contre l'énergie éolienne. Souvent proches du lobby nucléaire, les adversaires de l'éolien se dépensent beaucoup pour tenter d'enrayer une dynamique fragile, pourtant largement approuvée par nos concitoyens (fin 2007, un sondage indiquait que 90 % des Français étaient favorables à son développement). Tandis qu'en Allemagne les pouvoirs publics misent sur les énergies renouvelables, en France des élus influents s'emploient à mettre en oeuvre une stratégie destinée à stopper l'éolien.


Dès 2005, dans le cadre de l'examen du projet de loi d'orientation sur l'énergie, un amendement de députés de l'UMP, visant à modifier les règles de rachat par EDF de l'électricité produite par les éoliennes, signait l'arrêt de mort de l'éolien. Une forte mobilisation avait fait reculer le gouvernement de l'époque.

Depuis quelques mois, l'offensive s'intensifie
. Le 17 mars, plus de soixante-dix sénateurs, dont un ancien premier ministre, ont déposé un projet de loi pour rendre obligatoires des référendums locaux. Le 24 avril, un député UMP a déposé une proposition de loi similaire. Le 4 juin s'est réuni pour la première fois un "comité d'orientation stratégique" présidé par Valéry Giscard d'Estaing qui rassemble des associations d'opposants à l'éolien. Ce comité comprend notamment M. Boiteux, ancien président d'EDF.

Début juillet, nous apprenions que le gouvernement a en projet un décret visant à soumettre les parcs éoliens à la procédure d'autorisation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE). Les associations environnementales, indignées, ont dénoncé "des règles très pénalisantes qui auraient pour seul résultat de remettre en cause l'objectif du Grenelle de l'environnement". Enfin, quelques jours plus tard, l'Institut Montaigne, club de pensée libéral financé par des multinationales, dont Areva, a relancé la polémique sur le coût de l'éolien.

Dans cette campagne de déstabilisation, basée sur les rumeurs les plus folles, le plus triste en cette année de présidence française de l'Union européenne est la dénonciation d'un "lobby germano-danois des éoliennes" par M. Giscard d'Estaing.

Face à ce vent de folie, rappelons que la France s'est fixé comme objectif, dans le cadre de la directive européenne sur l'électricité renouvelable, de produire en 2010 21 % de sa consommation d'électricité à partir de ces sources renouvelables. Tous les projets éoliens sont soumis à la délivrance d'un permis de construire qui s'accompagne obligatoirement d'une évaluation environnementale dotée d'une étude paysagère.


UNE ASSOCIATION TRÈS ACTIVE


De plus, l'éolien participe à la lutte contre l'effet de serre, à l'amélioration de la sécurité nationale d'approvisionnement. Il s'agit d'une énergie inépuisable, sans déchets mais riche en création d'emplois. Selon un rapport de la plate-forme technologique européenne consacrée à l'énergie éolienne, l'éolien pourrait fournir jusqu'à 28 % de l'électricité de l'UE d'ici à 2030. Au ministère de l'énergie américain, on estime que l'énergie éolienne pourrait fournir 20 % de l'électricité des Etats-Unis d'ici à 2030, permettant de réduire 7,6 milliards de tonnes de CO2 durant cette période.

Nous avons besoin d'une nouvelle politique fondée sur l'économie d'énergie, une politique d'efficacité et de sobriété. A celle-ci doivent s'ajouter des plans d'investissements majeurs dans les énergies propres, dont fait partie l'éolien. Il ne s'agit pas, bien sûr, d'installer des éoliennes partout et n'importe comment. Pour cela, la transparence et la participation des citoyens sont essentielles.

A l'heure du dérèglement climatique et du pétrole rare et cher, la volonté de nuire à l'éolien ne peut donc que susciter l'indignation et de profondes interrogations. La réponse est à chercher du côté du conservatisme et du lobby pronucléaire, pour citer Hubert Reeves : "Chaque éolienne est garante d'un peu moins de gaz carbonique dans l'atmosphère, ou d'un peu moins de déchets nucléaires à gérer par les générations à venir."

158e9002f66b41ba4720d40e4d8c432c.jpegFace à ce lobby puissant, il existe déjà une association très active, "Planète éolienne". A ses côtés, il faut, pour reprendre encore les mots d'Hubert Reeves, que "les élus soient aux premières lignes : c'est leur lot, mais aussi leur honneur et leur dignité, eux qui doivent résister à la pression des intérêts à courte vue".

Nous appelons donc dès maintenant tous les élu(e)s à s'engager. Dans le cadre de la présidence de l'Union européenne, la France doit préparer la conférence de Copenhague en 2009, où les Etats devront organiser la suite du protocole de Kyoto. Face au défi climatique, la France se doit d'être exemplaire.



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Jean-Vincent Placé est président du groupe des élus Verts au conseil régional d'Ile-de-France et président de la Fédération nationale des élus pour la promotion des énergies propres (Fneppep).

Christophe Rossignol est conseiller régional du Centre et secrétaire général de la Fneppep.


Article paru dans l'édition du Monde du 02.09.08

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